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Il a publié près de 20 romans en 25 ans. Il a reçu de nombreux prix littéraires et trois de ses livres ont été adaptés au cinéma. Il est originaire de Drummondville et on en est très fier… Entrevue avec Patrick Senécal, le maître du roman noir au Québec.

 

Adolescent, étais-tu un grand lecteur ? Quel livre as-tu le plus souvent emprunté à la bibliothèque de Drummondville ?

J’étais un bon lecteur, mais ça m’a pris du temps avant de trouver des livres que j’aimais. Il faut dire qu’il n’y avait pas autant de choix qu’aujourd’hui dans la section jeunesse. Vers 11 ou 12 ans, j’ai découvert les livres d’horreur dans la section adulte de la bibliothèque de Drummondville, qui était située à l’époque sur le coin de la rue Saint-Jean et du boulevard Saint-Joseph, à côté du marché public. J’ai alors lu toute la collection Marabout Fantastique, qui regroupait des auteurs comme Jean Ray, Claude Seignolle, Oscar Wilde, H.P. Lovecraft et Edgar Allan Poe. Après, j’ai connu Stephen King.

 

Ton premier roman, La vengeance, a été publié à compte d’auteur. Peux-tu nous parler de ton expérience ?

En fait, c’est le cégep de Drummondville qui m’a offert de publier un de mes romans en 50 ou 100 exemplaires, puis de le vendre à la coop et dans une ou deux librairies de la ville. C’était l’idée de ma professeure de littérature fantastique. Le livre était très homemade. Un de mes chums a conçu la couverture. Puis, le cégep a organisé un petit lancement et le journal L’Express a couvert l’événement. C’était très sympathique, une belle expérience.


Qu’est-ce qui t’a amené à écrire de l’horreur ? Était-ce pour dompter tes peurs, comme avec ton dernier livre
Ceux de là-bas ?

Au début, c’était juste parce que je trouvais ça cool, l’horreur, et que ça faisait de bonnes histoires. C’est encore la raison première, j’imagine. Mais, à force d’écrire, j’ai réalisé que je pouvais traiter de choses plus personnelles. La première fois que je l’ai fait de façon intentionnelle, c’est dans mon 5e roman, Les Sept Jours du talion. Pour ce livre, je suis parti du postulat « Est-ce que la vengeance sert à quelque chose ? »


As-tu eu de la difficulté à faire publier ton premier roman par une maison d’édition
 ?

Non, pas vraiment. J’ai envoyé le manuscrit de 5150, rue des Ormes à deux maisons d’édition. Il y en a une qui ne m’a jamais répondu et l’autre, Guy Saint-Jean Éditeur, m’est rapidement revenu avec une réponse positive. Il venait de lancer la collection « Noir : horreur ». Il a été l’une des premières maisons d’édition au Québec à le faire.

 

Au début de ta carrière d’écrivain, tu enseignais aussi la littérature et le cinéma au cégep de Drummondville. Quand as-tu pris la décision de te consacrer à l’écriture ?

Quand j’en ai eu les moyens. Au début, je réussissais à écrire et à enseigner en même temps. Mais, à un moment, plus j’avais de succès avec mes livres, moins j’avais de temps pour enseigner. Alors, en 2007, j’ai demandé mon premier congé sans solde au cégep pour me consacrer à l’écriture. Puis, vers 2014 ou 2015, j’ai officiellement démissionné. J’ai de la chance de pouvoir vivre de mon écriture. La plupart des écrivains ont un autre métier qui les fait vivre.

 

Comment vis-tu avec le titre de « maître de l’horreur au Québec » ? Est-ce que ça t’angoisse ?

Selon moi, le terme « maître » n’est pas utilisé dans le sens que c’est moi le meilleur, mais plutôt que je suis un des premiers auteurs à avoir publié de l’horreur au Québec avec une maison d’édition. J’ai ouvert la porte à un genre qui était jusque-là underground. Cela dit, je me considère plus comme un auteur de romans noirs que d’horreur, parce que j’écris aussi du fantastique, du polar et du thriller. Je trouve que ça me définit mieux. Ça regroupe tout ce que je fais.

 

Écris-tu en secret autre chose que des romans noirs, genre des romans d’amour ?

Non, non… Je suis rendu à un stade de ma carrière où pas mal tout ce que j’écris est publié. Et je ne m’empêche pas d’écrire autre chose quand j’en ai envie, mais ça n’arrive pas souvent ! En général, c’est lorsqu’on me propose un projet spécial. Sinon, au naturel, je reviens rapidement au roman noir, parce que c’est ce que j’aime écrire.

 

Est-ce que tu t’autocensures parfois ?

Je ne m’autocensure pas, mais je me questionne. Par exemple, je ne me demande pas si la scène très violente ou sexuelle est correcte ou pas, mais je me demande si elle est nécessaire, pertinente et si elle amène quelque chose de plus au roman. Elle doit créer un sentiment chez le lecteur qui l’aidera à bien comprendre l’émotion de l’histoire. Au final, je me retiens bien plus que le monde pense. Ça pourrait toujours être pire. Mais quand c’est trop, ça devient ridicule et on passe à côté de l’émotion que l’on veut produire.

 

Tu scénarises les adaptations cinématographiques de tes romans. Est-ce parce que tu as peur d’être déçu si quelqu’un d’autre les écrivait ?

Au départ, c’était un peu pour cette raison. Et je suis content de l’avoir fait : ça m’a permis d’entrer dans le milieu du cinéma, de me faire connaître, de faire mes preuves et de me familiariser avec la scénarisation. Puis, oui, ça me permettait d’avoir un certain contrôle sur le film. Maintenant, si un autre de mes romans était adapté, je ne le scénariserais pas, parce que c’est trop de travail pour quelque chose qui existe déjà, le livre je veux dire… La seule raison qui m’inciterait à scénariser un autre de mes romans, c’est si je réalisais moi-même le film.

 

Finalement, est-ce qu’on peut avoir un scoop sur ta télésérie Patrick Senécal présente ?

Je peux dire qu’elle comprend dix épisodes, que j’ai fini d’écrire. Et ce sont tous des scénarios originaux. Le tournage est prévu au printemps et je réaliserai un des épisodes, ce qui est bien excitant. Si tout va bien, la série entrera en ondes l’automne prochain.

Écrit par

Bibliothèque

8 septembre 2020

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