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Il y a plus de 70 ans, un groupe de jeunes artistes québécois cosignaient Refus global. Ce manifeste a marqué la culture et la société québécoise. Lis ce qui suit pour mieux comprendre pourquoi.

 

Refus global, c’est un recueil de neuf courts textes ainsi que d’illustrations et de photos d’artistes québécois. L’essai principal, qui donne le titre au livre, est écrit par Paul-Émile Borduas. Tiré à 400 exemplaires par les éditions Mithra-Mythe, le livre d’une quinzaine de pages est lancé le 9 août 1948 dans quelques librairies de Montréal, dont la Librairie Tranquille.

 

Qui est Paul-Émile Borduas ?

Paul-Émile Borduas est un peintre québécois. Lorsqu’il écrit son manifeste, il enseigne le dessin à l’École du meuble de Montréal. Il est alors un mentor pour plusieurs jeunes artistes de l’époque, dont un groupe qu’on appellera plus tard les automatistes. Quinze d’entre eux ont cosigné Refus global :

  • Madeleine Arbour (artiste multidisciplinaire)
  • Marcel Barbeau (peintre)
  • Bruno Cormier (poète et psychanalyste)
  • Marcelle Ferron (peintre)
  • Claude Gauvreau (écrivain)
  • Pierre Gauvreau (peintre et réalisateur)
  • Muriel Guilbault (comédienne)
  • Fernand Leduc (peintre)
  • Thérèse Renaud-Leduc (écrivaine)
  • Jean-Paul Mousseau (peintre)
  • Maurice Perron (photographe)
  • Louise Renaud (peintre, danseuse)
  • Françoise Riopelle (chorégraphe, danseuse)
  • Jean-Paul Riopelle (peintre)
  • Françoise Sullivan (peintre, sculpteure, danseuse).

As-tu remarqué qu’il y a sept femmes parmi les 16 signataires ? Cette parité (ou presque !) est spectaculaire pour l’époque. En effet, les Québécoises n’ont pas l’habitude de prendre position sur la place publique. Il faut dire qu’elles ont obtenu le droit de vote au Québec quelques années plus tôt seulement, en 1940.

 

Que refusent-ils exactement ?

On en convient, Refus global, c’est assez vaste comme revendication. Ce que Paul-Émile Borduas et sa bande dénoncent plus précisément, c’est le contrôle et l’oppression du peuple par l’Église catholique.

Pour comprendre la nature de leurs revendications, il faut replacer le manifeste dans son contexte. On appelle cette époque la « grande noirceur ». Elle correspond au long règne de Maurice Duplessis, de l’Union nationale. Les automatistes souhaitent que le Québec s’émancipe, s’ouvre sur le monde et devienne une société moderne. Ils reprochent donc au premier ministre du Québec son alliance avec le clergé de même que son discours conservateur et traditionaliste, qui gardent le peuple dans l’obscurantisme selon eux.

Leurs revendications sont également artistiques. Les automatistes exigent non seulement une plus grande liberté dans la manière d’être et de penser, mais aussi dans l’acte de création. Pour eux, le renouveau de l’art au Québec est impossible sans une ouverture sur les œuvres littéraires et artistiques modernes.

 

Extrait de Refus global

« Place à la magie ! Place aux mystères objectifs ! Place à l’amour ! […] » Au terme imaginable, nous entrevoyons l’homme libéré de ses chaînes inutiles, réaliser dans l’ordre imprévu, nécessaire de la spontanéité, dans l’anarchie resplendissante, la plénitude de ses dons individuels. D’ici là, sans repos ni halte, en communauté de sentiment avec les assoiffés d’un mieux-être, sans crainte des longues échéances, dans l’encouragement ou la persécution, nous poursuivrons dans la joie notre sauvage besoin de libération. »

 

Pourquoi on en parle encore aujourd’hui ?

Lors de sa publication, Refus global est loin d’avoir connu un succès en librairie, même s’il a suscité une vive controverse. Le jugeant scandaleux, le gouvernement, l’Église et la majorité de la presse le condamnent. La polémique vaut d’ailleurs le renvoi de Paul-Émile Borduas de l’École du meuble.

Avec du recul, on comprend que Refus global est un texte important dans la littérature québécoise. On sait maintenant que le manifeste est un signe précurseur de la Révolution tranquille, qui est survenue au Québec au début des années 1960. On dit aujourd’hui de Paul-Émile Borduas qu’il est un artiste d’avant-garde et une figure importante dans la construction de la modernité québécoise.

Avec des thèmes comme la liberté, l’émancipation, la création, la révolution et l’ouverture sur le monde, Refus global reste toujours aussi d’actualité, même plus de 70 ans après sa publication.

Écrit par

Bibliothèque_Animation

5 septembre 2019

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